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Au Robinet

Ce que coûte vraiment chaque procédé de filtration

Le prix d’achat est la partie la moins intéressante de la question. Ce qui décide du coût sur dix ans, ce sont les consommables et (pour l’osmose) l’eau rejetée, deux postes rarement mis en avant au moment de la vente. Cette page donne la structure ; les prix, eux, vous appartiennent.

Méthode

Pourquoi cette page ne donne pas de prix

Un tarif relevé aujourd’hui sera faux dans un an, et un comparateur qui affiche des prix sans les dater vend de la confiance qu’il n’a pas. La structure de coût, elle, ne bouge pas : un osmoseur rejettera toujours de l’eau, une carafe demandera toujours douze cartouches par an, un adoucisseur consommera toujours du sel.

Le calcul utile est donc celui que vous faites avec les prix du jour et votre propre consommation. Les trois lignes ci-dessous sont ce qu’il faut y mettre.

Les trois postes, procédé par procédé

Les trois postes, procédé par procédé
ProcédéÀ l’achat ConsommablesÀ l’usage
Adoucisseur au sel Le poste principal, très étalé selon le volume de résine et l’électronique de régénération. La pose demande une arrivée d’eau, une évacuation et une prise.Du sel régénérant, en pastilles, à réapprovisionner plusieurs fois par an selon la dureté d’entrée et la consommation du foyer.De l’eau rejetée à chaque régénération, et une consommation électrique négligeable.
Osmoseur (osmose inverse) Un appareil sous évier avec robinet dédié, plus la pose si l’on ne perce pas soi-même le plan de travail.Trois à quatre préfiltres à changer une ou deux fois par an, et une membrane tous les deux à quatre ans selon la dureté et le volume produit.L’eau rejetée, qui est le vrai coût courant. À 3:1, produire un litre d’eau osmosée en consomme quatre.
Charbon actif en bloc Un porte-cartouche sous évier, ou un modèle sur robinet sans perçage.Une cartouche tous les six mois environ, ou au volume filtré indiqué par le fabricant, le premier des deux atteint.Rien : ni eau rejetée, ni sel, ni électricité.
Carafe filtrante Le ticket d’entrée le plus bas de tous les procédés.Une cartouche par mois, soit douze par an : c’est là que se joue le coût réel, et sur plusieurs années il rattrape celui d’un filtre fixe.Rien.
Filtre à cartouche sous évier Le corps de filtre, ses cartouches de départ, et un raccordement en applique.Une cartouche sédiments et une cartouche charbon par an dans un usage domestique courant.Rien.
Fontaine et filtre à gravité Comparable à un bon filtre sous évier, sans frais de pose.Des bougies à remplacer au volume, souvent après plusieurs milliers de litres.Rien.

Les deux calculs qui changent le classement

Une carafe coûte cher à l’usage

Douze cartouches par an, tous les ans. C’est le procédé au ticket d’entrée le plus bas et, sur cinq à dix ans, l’un des plus chers au litre filtré. Un filtre à charbon fixe, dont la cartouche tient six mois, inverse le classement assez vite.

Un osmoseur consomme de l’eau

À un ratio de 3:1, produire un litre d’eau osmosée en envoie trois à l’égout. Le calcul se fait avec le prix de votre mètre cube, qui figure sur votre facture, et votre consommation d’eau de boisson. Sur dix ans, ce poste dépasse presque toujours celui des cartouches, et c’est la raison pour laquelle le taux de conversion est le chiffre à demander avant l’achat.

Un modèle à flux direct annoncé à 1:1 divise ce poste par trois. La différence de prix d’achat entre les deux technologies se rattrape d’autant plus vite que l’eau est chère.

Le coût de ne rien faire

Il existe et il est rarement chiffré. En eau dure, 39 % de la population, 26,4 millions d’habitants, le tartre raccourcit la vie des résistances de chauffe-eau et de lave-linge, et augmente leur consommation. C’est le seul argument économique solide en faveur d’un adoucisseur, et il ne concerne que le tartre.

Pour tous les autres paramètres, il n’y a pas de coût d’équipement évité : filtrer est une dépense nette, à mettre en regard d’un bénéfice sanitaire qui dépend entièrement de ce que contient votre eau. D’où l’ordre recommandé : lire l’analyse, puis décider.

Commencer par son propre réseau

Tout ce qui précède décrit des procédés. Le choix, lui, dépend d’un seul chiffre : ce que contient l’eau qui arrive chez vous. 34 847 communes ont une fiche, avec les valeurs mesurées et leur limite réglementaire en regard.

Voir l’analyse de ma commune