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Au Robinet

La chloration et ses sous-produits

Le chlore résiduel est ce qui protège une eau entre l’usine et le robinet. Son inconvénient est connu : en réagissant avec la matière organique naturellement présente, il forme des sous-produits, dont les trihalométhanes. Toute la chloration tient dans cet arbitrage, entre un risque microbiologique immédiat et un risque chimique de long terme.

Communes mesurées
31 791
sur 34 847 documentées
Moyenne nationale
12,7
µg/L
Au-dessus de la limite
42
communes, limite 100,0 µg/L
Commune la plus élevée
Casalabriva
1 185,0 µg/L

Ce que la limite encadre

La limite de qualité porte sur la somme de quatre trihalométhanes et vaut 100 µg/L. Les quatre sont nommés par la réglementation comme suit, et il vaut mieux retenir ces noms-là si vous comparez avec la fiche de votre distributeur : le chloroforme, le bromoforme, le dibromochlorométhane et le bromodichlorométhane.

Le texte assortit cette limite d’une consigne rarement citée et pourtant éclairante : il faut viser la valeur la plus faible possible sans pour autant compromettre la désinfection. Autrement dit, la réglementation elle-même refuse de traiter les sous-produits comme un mal à supprimer à tout prix, parce que la protection microbiologique passe devant.

Le chlore libre, lui, n’a pas de limite chiffrée en France : il relève d’une référence de qualité qui n’exige qu’une absence d’odeur ou de saveur désagréable. Le repère de 0,1 mg/L que citent les agences régionales de santé est un plafond de confort sur le réseau de distribution, pas une valeur sanitaire. À titre de comparaison, l’Organisation mondiale de la santé publie pour le chlore libre une valeur guide de 5 mg/L, cinquante fois plus élevée, et note qu’à ce niveau la plupart des gens le perçoivent au goût.

Supprimer le goût sans supprimer la sécurité

Un charbon actif retire le chlore libre et les composés qui portent le goût. La contrepartie est réelle : une eau déchlorée n’a plus de protection bactériologique. Elle se boit dans la journée et se conserve au réfrigérateur, dans un récipient fermé, comme une eau embouteillée ouverte.

Deux précisions que les notices omettent. L’efficacité d’un dispositif domestique sur les trihalométhanes déjà formés n’est pas documentée par les autorités sanitaires, qui n’en publient aucun taux d’abattement. Et les carafes filtrantes, qui associent charbon actif et résine, ne laissent pas la minéralisation intacte : l’ANSES y a constaté un relargage d’argent, de sodium, de potassium et d’ammonium, ainsi qu’une baisse du pH.

Le rôle du chlore et son revers se comprennent mieux ensemble : ce contre quoi il protège est le seul risque immédiat de l’eau du robinet.

Classement

Les communes où les trihalométhanes est la plus élevée

Les communes où les trihalométhanes est la plus élevée Trihalométhanes, les 20 valeurs les plus élevées, en µg/L
Casalabriva (2A) 1 185,0
Sollacaro (2A) 1 185,0
Mela (2A) 507,0
Grossa (2A) 464,0
Giuncheto (2A) 204,0
Monacia-d'Aullène (2A) 171,0
La Boissière (39) 168,7
Valzin en Petite Montagne (39) 168,7
Marigna-sur-Valouse (39) 168,7
Guagno (2A) 167,0
Les Hôpitaux-Vieux (25) 166,4
Sinnamary (973) 141,7
Centuri (2B) 121,0
Levie (2A) 120,0
San-Gavino-di-Carbini (2A) 120,0
Maripasoula (973) 112,8
Bagert (09) 106,5
Barjac (09) 106,5
La Bastide-de-Besplas (09) 106,5
Bédeille (09) 106,5

Dernière valeur connue par commune, tous réseaux confondus, sur les prélèvements depuis 2024 et jusqu’au 30 juin 2026.

Questions

Ce qu’on nous demande le plus souvent

Laisser l’eau reposer une heure suffit-il ?

Pour le chlore libre, oui : il se volatilise à l’air libre, et une trentaine de minutes en carafe suffisent largement. Pour les trihalométhanes déjà formés, aucune source officielle ne documente ce que retire un simple repos. Ils sont eux aussi volatils, contrairement à ce qu’on lit souvent, au point que l’Organisation mondiale de la santé impute une part importante de l’exposition à l’air intérieur et à la douche plutôt qu’à la boisson.

Le goût de chlore varie selon les jours, est-ce normal ?

Oui. Le taux de chlore résiduel dépend de la distance au point d’injection, de la température et de la consommation du réseau. C’est une caractéristique de la distribution, pas un défaut.

La chloration est-elle obligatoire ?

Non, et c’est contre-intuitif : ni la réglementation européenne ni la réglementation française n’imposent une étape de désinfection, ni la présence d’un résiduel de chlore dans le réseau. L’obligation porte sur le résultat, une eau conforme au robinet, pas sur le moyen. La seule exception tient au plan Vigipirate, où un résiduel minimal de chlore libre devient obligatoire lorsque le niveau de menace est élevé.

Vérifier chez soi

Toutes les valeurs de cette page proviennent du contrôle sanitaire officiel. La fiche de votre commune donne le détail, l’évolution et les points de mesure alentour.

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Sources

Source des mesures : contrôle sanitaire de l’eau distribuée, publié en données ouvertes par le ministère chargé de la santé (SISE-Eaux). Pour l’information officielle sur l’eau du robinet et la conduite à tenir en cas d’alerte, voir la page du ministère et votre agence régionale de santé.